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par Diane Baratier
mercredi 1er juin 2005
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Diane Baratier, provinciale dans la capitale du cinéma

De moi-même, jamais je ne me serais déplacée à Cannes sans une bonne raison, c’est-à-dire un film à défendre. Pourtant je suis très heureuse d’y être allée, sans raisons personnelles. Cela m’a permis d’observer non seulement le festival mais surtout notre place à nous, les chefs opérateurs, au sein de ce festival. Je remercie tous les membres de l’AFC car c’est grâce à notre association que j’ai eu l’opportunité de m’y rendre. Sainte Nathalie a réussi à me trouver plein d’invitations pour les séances de la salle Lumière. Elle s’est occupée de mon accréditation. Elle m’a trouvé une chambre d’hôtel offerte par Kodak. Bref, elle m’a ouvert les marches du palais.
En montant ces fameuses marches, j’ai ressenti que nous avions une place à prendre dans ce lieu, nous, les directeurs de la photographie. Depuis que je suis à l’AFC, je vous ai presque tous rencontrés et je trouve dommage de ne pas faire partager à un plus grand nombre vos qualités artistiques.
Comment ? Je ne sais pas. Si notre présence au festival y est importante, notre parole le serait aussi. Nos partenaires Kodak et Fuji nous soutiennent déjà énormément.
Grâce à eux j’ai pu rencontrer d’autres directeurs de la photographie, comme Laurent Brunet. Il présentait deux films Zone libre d’Amos Gitaï et La Petite Jérusalem. J’avais déjà vu son travail dans Mon trésor, film primé l’année dernière à la Caméra d’Or. C’était passionnant de l’écouter parler de son travail. Bien que Zone libre ait été un film difficile à tourner, le résultat de l’image est splendide. Le film commence avec un plan à l’épaule magnifique de 10 minutes sur Natalie Portman. Le reste du film a la grâce de l’image. Sans que cela soit explicable, les visages sont sublimés. A quoi cela tient-il ? Dans Mon trésor, j’avais déjà été impressionnée par la mise en danger du corps de l’actrice. Jamais je n’avais vu une comédienne livrer ainsi son corps à l’image. Dans Zone libre à nouveau, les comédiennes se donnent complètement. Est-ce un hasard ?

Je pense qu’il serait très enrichissant d’organiser une réflexion entre nous pour développer un langage adapté à l’aspect artistique de notre travail.
« La place de l’image est fondamentale dans un film, elle devrait l’être à Cannes », auteur anonyme du XXIème siècle.